Le groupe italien Eni a conclu un accord avec SOCAR, la compagnie pétrolière nationale d’Azerbaïdjan. L’accord porte sur 10 % du champ offshore Baleine, l’un des principaux projets pétroliers et gaziers de Côte d’Ivoire. L’opération reste sous réserve des autorisations réglementaires, précise le groupe.
Cette cession intervient moins d’un an après la première ouverture du capital du projet. En 2025, Eni avait déjà vendu 30 % de ses parts à VITOL, un négociant suisse.
Aujourd’hui, Eni conserve 47,25 % du capital, aux côtés de PETROCI, la société publique ivoirienne, qui détient 22,75 %.
Une stratégie d’“exploration duale”
Eni explique que cette vente fait partie de sa stratégie d’“exploration duale”.
Concrètement, cela signifie que l’entreprise vend une partie de ses découvertes pour récupérer rapidement de l’argent, tout en gardant le contrôle des opérations.
Ainsi, l’entreprise réduit ses risques financiers mais reste maître des décisions techniques.
Pour le lecteur, cela illustre comment les grands groupes pétroliers minimisent leur exposition au risque tout en continuant à gérer les projets stratégiques.
SOCAR, un acteur international majeur
L’entrée de SOCAR dans le projet attire l’attention. Cette entreprise publique est active dans l’exploration, la production, le raffinage, le transport et la vente de pétrole et de gaz.
Elle est présente dans une vingtaine de pays et emploie plus de 60 000 personnes en Azerbaïdjan. SOCAR représente une part importante de la richesse nationale de son pays.
Pour la Côte d’Ivoire, cette arrivée illustre une tendance plus large : la financiarisation des grands projets offshore africains.
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En d’autres termes, les majors comme Eni partagent les risques financiers tout en conservant leur rôle d’opérateur technique.
Baleine : un champ stratégique pour la Côte d’Ivoire
Le champ Baleine a été découvert en 2021 et mis en service dès 2023.
Il produit actuellement 62 000 barils de pétrole et 75 millions de pieds cubes de gaz par jour. Pour simplifier, un baril = 159 litres de pétrole et un pied cube = 0,028 m³ de gaz.
La phase 3 du projet devrait porter la production à 150 000 barils et 200 millions de pieds cubes de gaz quotidiens.
Cela renforcera le rôle des hydrocarbures dans l’économie ivoirienne et assurera une source stable de revenus et d’énergie pour le pays.
Pourquoi cette cession est importante
Cette opération n’est pas seulement un changement de partenaires. En effet, cette action permet dans un premier temps d’attirer un acteur international solide.
Dans un second de sécuriser les investissements et la production et enfin de confirmer que le pays est une destination clé pour les projets offshore africains.
En pratique, cela signifie que le pays bénéficie d’un apport financier immédiat tout en conservant le contrôle stratégique de ses ressources énergétiques.
Pour les investisseurs, cette cession réduit les risques et encourage d’autres compagnies à participer à l’exploitation.
Eirena Etté















